L'Arbre Sacré

Entre Ciel et Terre...
 
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 L'ombre

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Kutnahorum
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Masculin Scorpion Chien
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MessageSujet: L'ombre   Mar 17 Juil - 9:24

Rappel du premier message :

Nous avons tous une ombre, qu'on le veuille ou non.
Personne n'est parfait ou pur. Et peut-être tant mieux.

Dans la réalité matérielle, tout a une ombre, rien ne peut exister sans ombre.
Et l'ombre ne peut se voir qu'à la lumière. Lumière de l'esprit, la lucidité, la conscience, le discernement.
On ne peut pas voir l'ombre dans l'obscurité. Donc si on la voit, c'est qu'on y jette de la lumière.

Mais notre moi conscient, dans sa volonté de toute puissance et de contrôle absolu, voudrait nous faire croire que notre personnalité est faite d'un seul bloc, qu'il n'y a que lui, et que nous nous connaissons parfaitement, qu'il n'y a rien d'autre en nous que lui.

L'ombre est en effet inconsciente.
Elle se manifeste de manière négative, à notre insu.
Mais c'est pour que nous prenions conscience d'elle et n'ayons pas peur d'elle.
Plus nous la refoulons, l'ignorons, la rejetons, la projetons sur les autres, et plus elle est puissante et négative.
Plus on la chasse et plus on lui donne de puissance.

L'ombre est comme un ensemble de complexes, de défauts, de faiblesses, de failles, de lacunes, de peurs.
Elle a une polarité de notre sexe, et une polarité du sexe opposé (anima et animus).
L'ombre est comme un frère et une soeur, un père et une mère, un fils et une fille, etc.

Bien souvent nous projetons notre ombre sur les autres.
Nous leur attribuons, tels des miroirs, des défauts que nous avons aussi. Parfois ces défauts sont cachés, y compris à nous même, ils ne sont que potentiels. Nous nous efforçons, même inconsciemment, de les dissimuler. Ils peuvent surgir violemment dans nos rêves ou lors de situations critiques, à notre grand étonnement.

Si nous développons une qualité à l'extrême, inévitablement le défaut inverse de cette qualité va se développer dans l'ombre.
L'ombre est en effet au service de l'équilibre.
Elle veut nous montrer qu'il ne sert à rien de tout miser sur des qualités pour compenser des défauts, failles, lacunes, continuer à les nier.
Cela ne fait que renforcer un déséquilibre.
Il vaut mieux travailler sur ces défauts, failles et lacunes.

Ce processus de projection de notre ombre sur les autres n'est pas un mal en soi.
Il nous permet de nous retrouver face à notre ombre dans la réalité concrète. Et donc, de la conscientiser.
L'ombre se manifeste surtout chez nos parents, nos frères et soeurs, nos amis, nos partenaires amoureux.
Malgré nous, sans le vouloir et sans le savoir, nous sommes toujours confrontés, depuis notre naissance, à des personnes qui comme par hasard incarnent des aspects de notre ombre.
Et moins nous acceptons notre ombre, plus celle-ci se manifeste dans la réalité à travers les autres de manière violente.

Ce ne sont pas seulement des défauts cachés en nous que nous leur attribuons (à tort ou à raison), mais aussi des qualités cachées en nous. Nous les envions, les jalousons, sans nous rendre compte que nous avons aussi ces forces, mais inconscientes, dans notre ombre. Et puis cela nous évite d'avoir à faire l'effort de les développer...

Car l'ombre ne se manifeste de manière négative que pour attirer notre intention sur tout ce qu'il y a de caché en nous.
Des complexes qui nous entravent, mais qui sont autant de potentiels qui peuvent devenir des forces, des richesses.

Prenons un exemple, un cas classique.
Une personne est trop gentille.
Elle est confrontée à des personnes qui lui paraissent égoïstes, méchantes, hostiles, colériques.
Mais en réalité, au fond d'elle, elle cache une agressivité, une violence, une colère, une volonté de domination, latentes. Qui parfois se manifeste, au grand étonnement général. C'est son ombre. Ce défaut se tapit en elle car elle a tout misé à l'extrême sur une qualité, en rejetant le revers de la médaille, créant ainsi un déséquilibre.
Mais si elle prend conscience de cette ombre, si elle l'accepte, si elle la maîtrise, alors cette agressivité, cette violence, cette colère, cette volonté de domination, peut devenir un trait de caractère positif, apte à contrecarrer sa gentillesse excessive. Une saine énergie d'affirmation, un élan de vie, une autorité juste.
Elle peut alors retrouver ou trouver un équilibre, qui sera plus vaste que si cette personne avait été "normale".
Car elle gardera les traits positifs propres à sa gentillesse excessive : bonté, altruisme, générosité, etc., mais sans les traits négatifs : elle ne se laissera plus faire, ne se fera plus avoir, saura dire non, ne se lamentera plus, etc.
L'énergie psychique en excès, au lieu d'alimenter l'ombre, alimentera désormais son moi conscient, enrichissant sa personnalité.
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alouanne



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MessageSujet: a   Dim 13 Jan - 7:41

Bonjour



D'avoir fréquenté d'autres forums, je suis agréablement surpris de la qualité de débat qui se dégage autour d'un sujet tel que celui-ci.

Je regrette de le découvrir tard en route car il m'intéresse / je me sens concerné de près; où il me sera difficile de reprendre différentes interventions pour, comme on dit, rebondir. Je vous livre néanmoins déjà, à chaud, ce qu'il me reste et m'apparaît de vous avoir lu.




Tout d'abord, avons-nous considéré ce point: au delà de cette image presque parfaite, symétrique mais très "extérieure" - et donc aussi illusoire - de "l'ombre créée / mise en évidence par la lumière" (car, ne nous leurrons pas, il s'agit d'une topographie qui ne rend pas compte ici de l'asymétrie qui existe entre le monde de la matière et son abyssale profondeur dès qu'il s'agit d'appréhender l'humain, et au delà, pour ce qui concerne la psyché et l'esprit, les mondes invisibles que sont les plans psychiques et spirituels qui sont comme ses racines non pas dans "le Ciel" mais dans "les ciels"), il n'entre pas seulement en question le phénomène de "résonances" - j'appellerais cela que vous avez évoqué dans le phénomène de "mises en lumière" des uns par les autres -, mais aussi ce que, faute de mieux, j'appellerai "narcissismes primaires et secondaires".

Je m'explique. La culture, le langage établi "tout naturellement" (façon de parler) une dichotomie entre la pensée (rationnelle... telle qu'elle se présente ici relativement bien maitrisée) et ce monde des ressentis, sentiments, émotions qui affleure et menace "à tout moment" de se manifester dans des "contradictions" étranges, voire dérangeantes, choquantes, ou plus ou moins dysharmonieuses. Il n'en demeure pas moins que des différences importantes existent / peuvent exister entre des êtres selon que certains auront été d'avantage distendus, non pas dans leur "éducation" - ce terme est bien vague et trop léger, trop superficiel pour un au delà de ce que je veux valider ici et qui serait donc un en deçà du "narcissisme secondaire", au sens que ce dernier est une construction qui aura pu plus ou moins bien prendre sur un terrain, un terreau de départ plus ou moins solide - dans l'amour ou le non amour qu'ils auront reçu et qui aura pu les structurer relativement bien, ou au contraire les blesser à l'extrême, ce qui peut ne pas toujours se voir, apparaître à première vue.

Je veux dire que les choses ne me paraissent pas "aussi roses" pour tout le monde, d'une part - il est des réalités extrêmement dures, choquantes, inacceptables, par delà ces considérations "théoriques" séduisantes -, que d'autre part le langage est tout de même aussi un joli dispositif de biaisage (de biaiser) de la réalité qui est bien en deçà et bien au delà de tout ce que l'on pourrait dire et aligner comme représentations de celle-ci (le langage humain articulé / le discours est linéaire alors que la réalité est en couches / plans imbriqués, et pour en parler avec le minimum d'erreurs, il faudrait un langage plurivoque circulaire, ce qui est le langage symbolique au sens fort du terme, càd celui des rêves, des contes, des légendes et des mythes).




Je veux dire en résumé que bien qu'elle participe de la culture et du langage, la réalité est radicalement autre que ce que l'on peut joliment en dire ici.


Dernière édition par alouanne le Dim 13 Jan - 9:39, édité 11 fois
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alouanne



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MessageSujet: LE MONDE DE L'ESSENCE, DU SENS ET DES SENS   Dim 13 Jan - 8:19

Kutnahorum a écrit:
L'introverti
s'intéresse beaucoup plus à son intérieur, mais il s'intéresse aussi
beaucoup plus à l'intérieur de l'autre, que l'extraverti.

J'aime beaucoup cette idée. Je suis frappé, personnellement, par une difficulté par exemple qui est mienne dans les relations tant éloignées que "proches" (qui devraient / qui pourraient être proches mais laissent loin la proximité, l'intimité telle que je la souhaiterais):

mes préoccupations qui me paraissent primordiales ne sont hélas pas celles des autres - la majorité. Pour les rencontrer, "il faudrait" - ce n'est évidemment pas une obligation - qu'ils me livrent d'eux-mêmes ce que je leur livre / ce que je voudrait leur livrer, mais la dissymétrie est telle dans les centres d'intérêts que finalement je me tais. J'attends mais je vois si peu venir que je me subtilise sur place - parfois je m'endors, littéralement. Le monde "extérieur" m'ennuie prodigieusement, je veux dire celui de l'événementiel, de la surface, de l'apparence s'il est détaché, non relié à "la profondeur" (qui est pour moi à la fois - et à la foi - le monde de l'essence, du sens (ce qui fait sens), et le monde des sens (le monde qui implique les organes des sens / le sensoriel). Je suis donc souvent pris pour quelqu'un d' "égocentré",
mais en réalité je m'intéresse à des éléments du réel que la majorité ne voit pas - nous manquons tout simplement de points d'ancrages communs.

D'autre part, je suis plus dépourvu que la majorité de la notion "obligatoirement répandue" du "secret", du "privé", du "tabou", du "pudique". Bien sûr, ces qualités sont dues avant tout aux autres / quand j'implique des tiers, et concernant moi-même, bien évidemment, j'aime le "confort" apparent de mes petits secrets, de mes réflexes acquis, de mes résistances acquises, mais j'y travaille consciemment pour tenter d'approcher l'intime, la "transparence", ce qui déroute plus souvent que n'invite à la symétrie. Pourtant, avons-nous le choix ?

Le travail introspectif a souvent pour conséquence d'isoler la personne sur une ile déserte - cf. "Le loup de steppes" de Herman Hesse.


Dernière édition par alouanne le Dim 13 Jan - 9:44, édité 7 fois
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alouanne



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MessageSujet: Re: L'ombre   Dim 13 Jan - 8:46

J'ajoute et je rectifie:

s'intéresser à "son intérieur", s'inviter soi et l'autre par résonances positives et non conflictuelles, car ces dernières basées, justement, sur les ombres non connues, non dévoilées de part et d'autre

peut soit dérouter, mais "conforter" aussi, d'une certaine manière assez "perverse", en réalité, au sens que celui qui dévoile son ombre suscite aussi souvent, chez son vis à vis, mis à part un repli qui peut être d'impuissance ou stratégique, une position de "sauveteur" voire de persécuteur.



Vaste question ici ouverte, il me semble, et qui est ce que je pourrais appeler, dans les relations interpersonnelles, une sorte de "dynamique des ombres"...
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alouanne



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MessageSujet: Re: L'ombre   Mer 16 Jan - 6:17

LE "JUSTE MILIEU" ENTRE LES EXTREMES QUI S'EXCLUENT DANS LES TROIS RELIGIONS DU LIVRES

Sharifa a écrit:
Accepter l'ombre en nous, n'empêche pas toujours Hyde de se montrer.
Trouver l'équilibre, c'est peut-être trouver une "utilité" à Hyde. Ne pas le considérer comme mauvais, mais voir seulement les conséquences de ce qu'il fait. Ce n'est qu'en ayant conscience que, quelque part, la violence de Hyde est "nécessaire", pour empêcher la "mort" de Jekyll, que l'un et l'autre peuvent être réunifiés.

Rien n'est plus obscur que notre propre obscurité.
Les 3 religions du Livre, ont diabolisé l'ombre (voir l'ombre collective), dans le sens premier du terme, c'est à dire divisé, séparé de la lumière. L'ombre, privée de lumière, est devenue obscure. Les ténèbres étaient nées.

Ces ténèbres ont été reléguées dans les entrailles de la terre. Ainsi, ce qui nourrit l'homme, dont il est issu est devenu mauvais. Lorsque les racines d'un arbre pourrissent, l'arbre meurt.

Accepter l'ombre, c'est aussi accepter là d'où nous venons et tout ce qui fait notre histoire et donc accepter aussi que l'autre puissent être un miroir qui met en lumière ce que nous aimerions ne pas voir.

Lorsque la lumière porte l'ombre...






alors tout devient possible
Very Happy

Bonjour Sharifa.


Pourrions-nous un peu creuser, développer ce que tu remarquais autour des "trois religions du livre" ?




Pourquoi comment cela s'est passé dans l'histoire, en fait, et n'y a t-il pas des nuances à apporter ?

Mieux, ce que tu dis autour de la recherche du "juste milieu" entre les extrêmes qui s'excluent, cela n'est-il pas voilé en toutes lettres derrière les mauvaises traductions, précisément, du Livre / des Livres

?



Bonne journée à toi et à tous.
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Rigel



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MessageSujet: Re: L'ombre   Jeu 24 Jan - 0:55

Kouen a écrit:

Rigel a écrit:
Ne sommes nous pas l'Ombre de Nous même ?


Merci Kouen. Tu as bien imagé ce que je voulais dire.
Bizzz
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Kutnahorum
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MessageSujet: Re: L'ombre   Jeu 24 Jan - 1:01

Et cette image montre bien que l'Ombre ne représente pas forcément le mal, n'est pas que négative !
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MessageSujet: Re: L'ombre   

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